En France, la galanterie se décote

À l’inverse de nos voisins, chez nous, les femmes partent à la retraite plus tard que les hommes. Cette « exception française » s’explique par notre dispositif de décote.

En France, la galanterie se porte mal. Alors que chez nos voisins européens - allemands, italiens, britanniques, etc. - l’âge effectif de départ à la retraite des femmes est inférieur à celui des hommes, en France il est supérieur.


Âges effectif de départ à la retraite

Pays

Hommes

Femmes

Allemagne

62,7

62,7

Belgique

60

59,3

France

59,4

59,8

Italie

61,4

61,1

Norvège

65,2

64,3

Pays-Bas

62,9

61,9

Royaume-Uni

64,1

62,4

Suède

66,1

64,2

Suisse

66,3

64,5

OCDE

64,2

63,1

Source : OCDE, Panorama des pensions 2015.

Ce départ plus tardif des Françaises par rapport aux Français est l’un des effets pervers de la décote, qui frappe davantage les femmes que les hommes (en raison des interruptions de carrière dues aux maternités et à l’éducation des enfants notamment) et les oblige par conséquent à conserver leur activité plus longtemps pour éviter une baisse de pension sensible.

Ce système de décote, qui conjugue le critère de l’âge et celui de la durée d’activité, engendre en effet une double peine,
puisque la pension, après avoir été amputée au prorata des trimestres manquants, subit une seconde pénalité de 1,25 % par trimestre manquant (soit 5 % par an, dans la limite de 25 %, le quart de la pension !)

Outre-Méditerranée, en Turquie aussi, en 2012, les femmes partaient après les hommes (à 63,6 ans contre 62,8); mais la situation s’y est depuis inversée : maintenant les hommes y prennent leur retraite à 65,2 ans et les femmes à 64,3 ans. La Turquie se montre donc aujourd’hui plus respectueuse des femmes que la France.

Le gouvernement français n’en communique pas moins sur les succès de l’égalité entre les sexes. Tout en continuant à décoter à pleins tubes…


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