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De nouvelles étrennes pour les retraités de la fonction publique

Depuis le 1er janvier, les contribuables sont invités à renflouer un peu plus les régimes spéciaux de retraite de la fonction publique, par simple décret

Comme le fait très justement remarquer Nicolas Lecaussin, dans un article publié récemment sur le site Contrepoints.org, une « mesure est passée en douce, le 26 décembre, alors qu’il y avait encore des restes de chapon au frigo. Un décret publié au Journal officiel annonçait une hausse de 4 points du taux employeur d’affectation spéciale « pensions » au titre des fonctionnaires civils de l’État et des magistrats de l’ordre judiciaire. Le taux de cotisation est ainsi passé de 78,28% à 82,28% le 1er janvier 2026 ! ». Autrement dit, au pays de « l’argent magique », l’État a en toute discrétion augmenté la subvention d’équilibre au régime de retraite de son propre personnel sachant que, bien évidemment, cette nouvelle charge sera répercutée tôt ou tard sur le contribuable, via l’impôt ou l’emprunt qui n’est qu’une imposition différée.

Cette information mérite au moins trois observations :

  • Tout d’abord, dans la cacophonie budgétaire de l’année qui s’est achevée, force est de constater que l’État a su tirer son épingle du jeu pour préserver ses intérêts bien compris. Si aucun budget n’a pu être voté au Parlement et, qu’à défaut, le pays vit sous le régime de lois spéciales qui menace les équilibres financiers et les perspectives d’avenir, le régime de retraite des fonctionnaires d’État, qui distribue des droits d’exception, bénéficie toujours, malgré les circonstances, d’un mode de financement tout aussi exceptionnel. Si des esprits naïfs pensaient encore qu’en démocratie l’État ne pouvait faire fi des principes constitutionnels de consentement à l’impôt et aux charges publiques, ils en sont pour leurs frais… Par simple décret, nos grands argentiers piochent à pleine main dans le budget de la Nation pour satisfaire leurs besoins personnels, érigeant le vieux dicton populaire : « on n’est jamais mieux servi que par soit même », au rang de principe budgétaire !
  • Ensuite, s’il était encore besoin de le prouver, une telle pratique montre clairement que la présentation comptable du Budget et des régimes de retraite de la fonction publique sont insincères (euphémisme…). Le régime de retraite des fonctionnaires civils de l’État bascule dans la rouge et - hop ! - la contribution d’équilibre de l’État augmente et compense de facto. C’est automatique, comme une miraculeuse arrivée d’eau dans une piscine de jouvence : pas plus haut que le bord (horreur, il faudrait capitaliser !) Mais jamais en-dessous... Par conséquent, le régime des fonctionnaires présente toujours des comptes en équilibre sur le papier. Par un jeu de grosse cavalerie, le déficit est immédiatement reporté sur celui de l’État qui vient alimenter, à n’en plus finir, la dette publique. Ensuite, par un « joli » sophisme d’école, de nombreux rapports officiels notent, sans aucune vergogne et de toute leur autorité, que les déficits publics ne sont pas causés par le régime de retraite des fonctionnaires, puisque celui-ci s’affiche à l’équilibre… Les joueurs de bonneteaux apprécieront !
  • Par ailleurs, est-il utile de préciser que les régimes de droit commun n’ont pas ce privilège de la garantie de l’État ou, plutôt, de la garantie du contribuable, pour être plus juste ? Ainsi, au pays de l’égalité, des régimes de retraite sont toujours gérés sur le principe du « quoi-qu’il-en-coûte » et servent des prestations aux montants cent pour cent garantis alors que d’autres, qui ont fait l’effort de réformes significatives sont au contraire contraints de s’adapter aux réalités démographiques et économiques.

Enfin, il ne faudrait pas croire que le privilège financier du régime des fonctionnaires civils de l’État soit une exception. En ce début d’année, le taux de contribution employeur des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers a également augmenté selon la même logique, passant de 34,65 % à 37,65 %, alors qu’il était encore de 31,65 % en 2024. Mieux, les textes ont anticipé l’avenir. Il est déjà décrété que ce même taux atteindra 40,65 % au 1er janvier 2027 et 43,65 % au 1er janvier en 2028. Les contribuables n’ont pas fini de payer, à commencer par ceux dont les régimes versent des prestations en baisse constante par rapport aux derniers revenus d’activité.


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