La vrit sur la surcote !

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la surcote bénéficie 13 fois plus aux fonctionnaires qu’aux retraités du privé. Un comble !

En 2003, la loi Fillon a créé un système de surcote pour tous les futurs retraités, qu’ils soient du public ou du privé. Pour les travailleurs du privé : 3 % par an (0,75 % par trimestre) la première année après 60 ans à condition d’avoir tous les trimestres cotisés requis pour le taux plein, puis 4 % par an les années suivantes (1 % par trimestre) et enfin 5 % par an (1,25 % par trimestre) après 65 ans. Pour les fonctionnaires : 3 % par an (0,75 % par trimestre) pendant 5 ans maximum.
Pourtant, malgré ce système a priori légèrement désavantageux pour le secteur public, la surcote n’a pas bénéficié en premier lieu aux retraités du privé. Selon une étude du ministère des Affaires sociales*, seulement 4 % des salariés du privé en ont profité en 2005, tandis que 11 % des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers et 21 % des fonctionnaires d’Etat la touchaient la même année. Il y a pire : son montant est plus élevé pour les fonctionnaires que pour les salariés du privé : 25 € par mois (300 € par an) pour ces derniers, 37 € par mois (444 € par an) pour les fonctionnaires territoriaux et hospitaliers, 65 € par mois (744 € par an) pour les fonctionnaires d’Etat. Ainsi, les fonctionnaires bénéficient en moyenne de la surcote 13 fois plus que les salariés du privé, explique le professeur Jacques Bichot dans la dernière étude de Sauvegarde Retraites **. Il a ainsi calculé que la surcote rapporte davantage à une classe annuelle de retraités du public (11,25 M d’€ par an) qu’à une classe de retraités du privé, pourtant dix fois plus nombreuse (7,5 M d’€ par an)…
C’est qu’il est beaucoup plus facile à un fonctionnaire d’avoir son taux plein à 60 ans. Il bénéficie de multiples avantages inaccessibles aux travailleurs du privé : pas d’interruption de cotisation pour chômage ou maladie, des bonifications de toutes sortes, et une pension moyenne largement supérieure à celle du privé, toutes professions confondues. Dans ce cas, pour la surcote comme pour tant d’autres aspects de la retraite, la formule de François de Closets, reste particulièrement pertinente : pour les privilégiés, c’est vraiment « toujours plus » et « plus encore ! ».
*Etudes et Résultats n° 587, juillet 2007
** Réforme des retraites : le plus dur reste à faire. Etude téléchargeable dans l’onglet Etudes et Analyses sur la page d’accueil.

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