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Après avoir soufflé sur les braises, les syndicats crient « au feu ! »

Dans le rôle des pompiers pyromanes, les syndicats gestionnaires de l’Agirc-Arrco ont manifesté contre les mesures drastiques envisagées pour sauver ces régimes.

La plupart des syndicats, parmi lesquels figurent FO, la CGT, la CFTC…, attentifs, paraît-il, au sort peu enviable des retraités, dont les pensions sont gelées depuis 2013, ont appelé ces derniers à manifester et à descendre dans la rue, banderole au poing, pour crier leur indignation. D’autant plus que la situation des complémentaires Agirc-Arrco est, comme on sait, inquiétante. Mais que font les gérants ?

Les gérants ? Pardi ! Ils manifestent, puisqu’il se trouve que ce sont précisément les syndicats qui co-gèrent (avec les organisations patronales) l’Agirc et l’Arrco.
Ils manifestent donc, en quelque sorte, contre… eux-mêmes et contre les conséquences prévisibles et catastrophiques d’une situation dont ils se satisfont depuis des années, attachés qu’ils sont à défendre mordicus les régimes spéciaux du secteur public, où ils recrutent – voyez comme ça se trouve ! – la majorité de leurs responsables et de leurs adhérents. A cet égard, deux chiffres valent mieux qu’un long discours : le taux de syndicalisation est trois fois plus élevé dans la fonction publique que dans le privé (15% contre 5 %).


Pour défendre les avantages du secteur public, les syndicats ont été les premiers (avec la complicité des gouvernements successifs) à s’opposer à toute velléité de réaliser une réforme de fond. Après avoir soufflé sur les braises, ils crient « au feu » maintenant que la maison brûle.
C’est un peu facile et cela ne suffit pas de leur ôter leur (grosse) part de responsabilité dans la situation actuelle, dont les conséquences menacent exclusivement les affiliés des régimes du privé. Comme d’habitude, ce sont exclusivement ces derniers qui sont priés de faire des efforts.

Si les syndicats étaient logiques avec leur discours habituel, ils appelleraient dès aujourd’hui à manifester, certes : mais pour contraindre le gouvernement à supprimer les régimes spéciaux, au nom de la solidarité entre tous les retraités.

Absente des manifs, la CFDT n’est pas pour autant à l’abri des mêmes reproches et les raisons de cette absence sont pour le moins sujettes à caution. Le secrétaire général de CFDT Retraités a ainsi expliqué : « Même si nous sommes contre un gel général des pensions, nous refusons de manifester pour tout et n'importe quoi durant les périodes électorales (sic !). Nous pensons que la solidarité doit concerner les retraités et les jeunes, et que ces derniers ne doivent pas perdre leur foi en notre système par répartition.»

Un peu comme si le capitaine du Titanic avait dit à ses passagers : « le bateau coule, ayez foi dans l’iceberg ! »


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