Réversion : complexité et iniquités

Les règles de la réversion désavantagent les veufs et veuves du privé par rapport à ceux du public.

Nous sommes tous égaux devant la mort, dit-on, mais certains le sont plus que d’autres.
Ainsi, lorsque l’on considère les régimes de retraites de base, mieux vaut être veuf ou veuve d’un fonctionnaire que d’un salarié du privé.

Dans le secteur public, le calcul de la réversion est simple : le conjoint survivant perçoit 50 % de la pension du défunt, sans aucune condition.

Il en va très différemment dans le privé, où la réversion, en apparence plus généreuse (54 %), est soumise à deux conditions, d’âge et de ressources :
. le conjoint survivant doit être âgé de 55 ans
. et le total de ses ressources propres additionnées au montant maximal de la réversion (54 % de la pension du défunt) ne doit pas dépasser un plafond égal, en 2014, à 19 822,40 € par an pour une personne seule, et à 31 715,84 € brut pour un couple. Tout ce qui dépasse ce plafond est écrêté.

- Exemple concret : une veuve a été licenciée à 58 ans pour des raisons médicales qui l’empêchent d’exercer son activité professionnelle. Ses revenus étant inférieurs au plafond de ressources couperet, son beau frère, Monsieur P., téléphone à la caisse de retraite… qui refuse d’octroyer la réversion à sa belle-sœur, sous prétexte "qu’elle doit posséder de l’argent sur des livrets".
« Les fonctionnaires, eux, la touchent automatiquement », nous écrit Monsieur P.
Un poids, deux mesures : qui a parlé d’équité ?


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