Cotisations des fonctionnaires : le compte n'y est pas

La réforme veut la parité des cotisations public/privé. Mais, le compte n’y est pas. Si les taux vont être alignés, rien n’est prévu pour l’assiette…

L’intention de la réforme est louable : aligner les cotisations des fonctionnaires sur celles des salariés du privé. Trois sérieux bémols se présentent cependant :
  • L’alignement programmé est très progressif : le taux de cotisation passera de 7,85 % à 10,55 % en 10 ans, soit une modeste augmentation de 0,27 point par an.
  • Encore faudrait-il que le taux de cotisation des salariés du privé n’augmente pas dans ce laps de temps, ce que rien ne garantit.
  • Encore faudrait-il que l’assiette des cotisations soit la même, ce qui n’est pas le cas. Les fonctionnaires cotisent sur leur traitement brut hors primes (en moyenne 80 % de leur rémunération), tandis que les salariés du privé cotisent sur 100 % de leur rémunération. Pour aligner vraiment les cotisations, il faudrait passer le taux des fonctionnaires à 12 %.
  • Pour obtenir une vraie parité, un effort supplémentaire est donc nécessaire. En souhaitant que, pour une fois, l’effort des fonctionnaires ne soit pas compensé discrètement en coulisses par des rémunérations et primes supplémentaires.
    NB : si les syndicats du public ne veulent pas de l’augmentation des cotisations, reste une autre piste : la baisse des dépenses retraite des fonctionnaires…

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