EDF : entre transparence et provocation

Désormais, EDF explique à chaque consommateur qu’il est taxé, en toute impunité, pour financer les avantages retraite de ses agents. Inacceptable !

Entre les poches des Français et la caisse de la retraite des industries électriques et gazières (IEG) circule un courant continu qui vide les premières pour alimenter la seconde. Ceux de nos concitoyens qui ont eu la curiosité de lire la lettre « EDF vous informe » accompagnant leur facture, y auront trouvé cette indication, en marge du paragraphe concerné à la contribution tarifaire d’acheminement :
« La contribution tarifaire d’acheminement (CTA), prélevée en addition du tarif d’acheminement associé à votre contrat de fourniture, assure le financement d’une partie des retraites des personnels affectés aux activités régulées des industries électriques et gazières. »
Vous avez bien lu : il existe une taxe spéciale, versée par l’ensemble des Français et dont la recette est uniquement consacrée à payer les retraites ultra avantageuses des salariés d’EDF et de GDF.
Au demeurant, il ne s’agit pas d’une nouveauté : la CTA – dont le pourcentage est fixé par arrêté ministériel et qui est de surcroît soumise à la TVA : en matière de fiscalité, il n’y a pas de petits profits – est entrée en vigueur le 1er janvier 2005. Cependant, jusqu’à présent, comme l’avoue EDF, elle « n’apparaissait pas de façon distincte sur la facture ».
C’est désormais le cas et chaque Français peut connaître exactement le montant de son obole à la Caisse nationale des industries électriques et gazière, qui bénéficie déjà de l’un des régimes de retraite les plus généreux.
Le tout-venant des salariés du privé - et plus généralement l’ensemble des Français - est donc taxé, à hauteur d’1 milliard d’euros par an, pour garantir aux privilégiés d’EDF et GDF la jouissance d’avantages qui ne se justifient pas et que leur caisse de retraite serait incapable de payer sans le secours du contribuable : calcul de la retraite sur la rémunération des six derniers mois de la carrière, montant des pensions garanti à 75 % du dernier salaire, réversion sans condition, etc.
Rappelons également que les principaux bénéficiaires de cette taxe y sont beaucoup moins assujettis que les autres, puisqu’ils n’acquittent que 10 % du prix de l’électricité et du gaz qu’ils consomment !

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