La retraite (ASV) des auxiliaires médicaux torpillée

L’Etat vient de décréter que le rendement du régime complémentaire ASV des auxiliaires médicaux allait être divisé par… neuf !

Après les dentistes et les biologistes, c’est au tour des auxiliaires médicaux de trinquer. Face au choc démographique et à l’anémie des comptes sociaux, l’Etat a décidé de torpiller littéralement leur retraite complémentaire ASV (allocation supplémentaire vieillesse).

Jugez, plutôt :
- augmentation de la cotisation forfaitaire qui passe de 400 € à 540 € (+ 35 %)
- création d’une nouvelle cotisation proportionnelle égale à 0,20 % du revenu
- augmentation (× 2,5) de la valeur d’achat du point retraite ;
- division par 2,1 de la valeur de service du point (qui détermine le montant de la pension).
En tout, le rendement du régime – montant de la retraite par rapport aux cotisations versées – va chuter, passant de 48,76 % à 5,6 %... Un carnage !
La retraite complémentaire ASV des auxiliaires médicaux représente 22 % de leur retraite globale. Ainsi, alors même que leur cotisation ASV va tripler, leur retraite sera amputée d’au moins 6 %.
Pas moins de 11 professions sont touchées :
- les infirmiers,
- les masseurs-kinésithérapeutes,
- les orthophonistes,
- les pédicures-podologues,
- les audioprothésistes,
- les diététiciens,
- les orthoptistes,
- les ergothérapeutes,
- les psychomotriciens,
- les manipulateurs d’électroradiologie médicale,
- les opticiens-lunetiers.

Rappel
: l’ASV a été instituée en 1962 pour inciter les professions médicales (médecins, biologistes, dentistes, sages-femmes et auxiliaires médicaux) à se conventionner, les caisses maladie payant les 2/3 de la cotisation de ce régime de retraite. On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre…
Mais, aujourd’hui, alors que le gros bataillon des affiliés s’apprête à prendre sa retraite la démographie des régimes est particulièrement dégradée. Au surplus, la caisse d’assurance maladie, face à l’accroissement continue des charges, s’avère incapable d’assurer un financement aux 2/3.
Conclusion : le piège se referme sur les professions médicales, l’Etat ne tiendra pas ses engagements et les retraites seront amputées… En un mot : une escroquerie !

Fermer