Banque de France : un régime spécial en or !

C'est le cas de le dire ! La Cour des comptes égratigne sérieusement la Banque de France, dans son dernier rapport. En particulier sur le coût du travail de ses 11 000 agents et leur régime de retraite. Lequel, grâce aux « bénévolences » aboutit parfois à des pensions supérieures au salaire d’activité.

La gestion et l’organisation de la Banque de France ont été vivement critiquées par la Cour des comptes dans son dernier rapport (1). Notamment, la gestion du personnel, qui est sérieusement égratignée. Côté retraites, les agents cotisent 37,5 ans seulement, au taux de 7,85 % - seulement - et perçoivent 75 % du traitement des six derniers mois d’activité. En plus de leur pension, ils touchent des « bénévolences », joli terme pour désigner des allocations spéciales auxquelles ils ont droit sans cotiser et qui atteignent 21 % de la pension. S’y ajoute un complément spécifique de retraite, théoriquement « facultatif et discrétionnaire », en fait accordé à tous sauf à ceux qui ont fait l’objet de mesures disciplinaires. Il représente, lui, 12 à 14 % de la pension, voire un peu plus pour les cadres supérieurs… 75 % + 21 % + 14 %..., pas étonnant qu’on arrive à une pension supérieure au traitement d’activité perçu en fin de carrière, mais sans les primes. Heureusement, car celles-ci sont innombrables. La Cour des comptes en a recensé 96, dont 4 régulières, qui représentent une majoration moyenne de 40 % du traitement de base. Rien que l’allocation logement représente 1 570 euros par personne et par an ; et elle est versée à 40 % du personnel ! Comment la Banque de France pourra-t-elle supporter le coût exorbitant du régime de retraites, soit 9 milliards d’euros d’engagements pour 11 000 agents ? L’économiste Jacques Bichot a fait le calcul : cela va lui coûter 818 000 euros par personne. « 20 mois après la réforme des retraites, le diagnostic (2) que nous avions posé sitôt après est confirmé par diverses autorités, un régime après l’autre : il aurait fallu une vraie réforme, n’épargnant aucun des régimes spéciaux » insiste-t-il. (1) Cour des comptes (2) Dans son ouvrage : Sauver les retraites ? La pauvre loi du 21 août 2003. Editions l’Harmattan – Sauvegarde Retraites, 2004. Vous pouvez commander ce livre en ligne en vous reportant à la page d’accueil. Cliquez sur l'onglet "Publications".

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