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Aiguilleurs du ciel : les pensions s’élèvent au zénith

Déjà très élevées, les retraites des aiguilleurs du ciel (ou contrôleurs aériens) vont encore s’accroître. Comme toujours, aux frais des contribuables !

Les Echos du 27 avril ont partiellement dévoilé le contenu de l’accord trouvé, dans la nuit du 21 au 22 avril, entre les « autorités de tutelle » – à savoir le ministère des Transports et la Direction générale de l’aviation civile –, et le SNCTA, syndicat majoritaire chez les contrôleurs aériens, qui est la véritable autorité puisqu’il lui suffit d’agiter la menace de grèves – en particulier à l’approche des Jeux olympiques – pour obtenir ce qu’il veut de l’État.

Selon l’auteur de l’article, cet accord a été noué dans la plus grande discrétion et son contenu ne devait pas être publié. Belle démocratie que celle où non seulement les Français ne doivent pas être consultés, ni même informés ! En revanche, ce sont bien eux qui seront appelés à faire les frais de ces nouvelles largesses octroyées par l’Etat à ses agents : hausses de salaire (entre 226 et 1 001 euros net par mois), revalorisation des primes, réductions de cotisations et jours de repos supplémentaires.

Et en contrepartie, le gouvernement laisse entendre qu’il envisagerait de procéder à une réforme qui pourrait être réalisée (sauf vents contraires ?) d’ici à… 2035 ! De qui se moque-t-on ? Les avantages « maison », eux, ne mettront pas si longtemps à se concrétiser.

En matière de retraite, les contrôleurs aériens :

  • accèderont, en fin de carrière, aux plus hauts indices de la fonction publique, ce qui augmentera significativement leur pension de retraite
  • et bénéficieront, au contraire, d’une réduction de leurs cotisations de retraite.

Exactement l’inverse de ce qui se passe dans les régimes des salariés du secteur privé, où les niveaux de pension baissent alors que les cotisations ne cessent de s’élever !

Ils profiteront aussi, en plus de leurs trente-neuf jours de congé annuel*, de dix-huit jours de récupération supplémentaires pour les contrôleurs aériens « en salle » et de six jours pour les contrôleurs travaillant « hors salle » (autrement dit, dans les bureaux). En regard, le tout-venant des salariés dispose de trente jours de congés payés. Cette mesure a également des conséquences sur les départs à la retraite, puisque huit de ces jours de récupération seront placés sur un compte épargne temps (CET), utilisable pour partir en pré-retraite avant 59 ans. Rappelons que les contrôleurs aériens jouissent de la bonification du cinquième (trimestres octroyés sans cotisation, dans la limite de 5 annuités), qui leur permet de réunir plus tôt le nombre d’annuités nécessaires (43) pour atteindre le taux plein.

Les 4000 aiguilleurs du ciel français, détenteurs d’un véritable monopole professionnel, disposent et abusent du chantage à la grève, ces « débrayages » catégoriels coûtant très cher aux compagnies d’aviation. Et les pouvoirs publics, par ailleurs si prompts à convoiter les réserves du privé pour combler les déficits de leurs régime spéciaux, cèdent à cette menace avec d’autant moins de résistance qu’ils savent qu’en fin de compte, les contribuables paieront le coût des nouveaux avantages hors norme consentis à ces agents publics, déjà très privilégiés.

*pour un temps de travail officiel de 32 heures hebdomadaires, et un temps de travail réel de 24 heures par semaine, selon un rapport du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) pour la sécurité de l'aviation civile.


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