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Retraites du privé : hors de question d'être les dindons de la farce !

Que va-t-il rester du projet de réforme des retraites prévu par le gouvernement ? Il est difficile de le pronostiquer à ce jour, mais plusieurs organes de presse font état d’informations qui se recoupent.

  • Sur le site Planet, l’économiste Philippe Crevel évoque ainsi une « nouvelle stratégie » qui « pourrait se faire par étapes ». On pourrait imaginer, dit-il, « que les salariés entreraient les premiers dans le régime universel. Les autres professions, dépendant des régimes spéciaux, suivraient, petit à petit. »

Le projet de loi prévoyait déjà cette entrée extrêmement progressive des régimes spéciaux dans le système prétendument universel. L’expérience montre, hélas, que les réformes qui s’appliquent d’abord au privé ne s’appliquent en définitive qu’à lui. Lorsque les régimes spéciaux feignent de s’aligner, c’est au prix de compensations telles qu’ils n’y perdent rien, tout l’effort reposant sur le secteur privé.

Le même Philippe Crevel ajoute que « cela pourrait aussi passer par le retour de la "clause du grand-père", qui consiste à ne faire basculer dans le régime universel que les nouveaux entrants des régimes spéciaux. » Le conditionnel ne s’impose pas ici, puisque c’est déjà ce que prévoit le projet de loi que le gouvernement a fait adopter au début du mois de mars.

Toujours selon cet économiste, Emmanuel Macron va « se focaliser sur les points qui étaient non conflictuels avant la pandémie de Covid-19 », comme la réversion et les mesures en faveur des petites retraites. « En somme, les mesures de justice sociale qui pourraient satisfaire une partie des Français. » Et qui ne risquent pas de fâcher les syndicalistes du secteur public…

  • Les confidences d’un ministre au Figaro vont dans le même sens : « la dimension sociale du texte reste très attendue ».
  • Le technocrate Raymond Soubie, ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy, opine en décrivant la stratégie d’Emmanuel Macron : « Il peut faire voter un texte fixant le cadre général et se donner de la flexibilité sur le chemin pour y parvenir, en renvoyant les sujets qui fâchent à des concertations. Comme au golf, il renvoie la balle plus loin. »

En somme, le gouvernement s’apprêterait, sous un habillage « social », à demander de nouveaux efforts aux affiliés du secteur privé, en en dispensant une fois de plus les régimes spéciaux du public pour ne pas rallumer la querelle qui l’a opposé, avant le confinement, aux syndicats, défenseurs sourcilleux des privilèges des agents publics.

Certes, il ne s’agit encore que de bruits de couloirs. Mais l’histoire des régimes de retraites au long des soixante-quinze dernières années les rendent suffisamment crédibles pour que les affiliés aux régimes du privé s’en inquiètent. Il faut donc dire et répéter que pour rendre le système équitable, la condition primordiale est de commencer par la réforme des régimes du public AVANT d’aligner sur eux ceux du privé.

Les cotisants et retraités du secteur privé doivent se mobiliser d’urgence pour y contraindre les gouvernants et l’Administration !


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