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Non à la hausse des cotisations et à la confiscation des réserves du privé !

En donnant gain de cause à la CFDT, qui réclame une augmentation du taux de cotisation et la confiscation des réserves du privé, Edouard Philippe sacrifierait une fois de plus les salariés du privé aux syndicats du public. 

La CFDT, syndicat « réformiste », ayant proposé d’organiser une « conférence de financement » pour tenter de sortir le système de retraite de l’impasse où il se trouve, le Premier ministre Edouard Philippe a adhéré à ce projet, comme on s’accroche à une bouée de sauvetage.

À cela près que la bouée est crevée avant même de lui être lancée. Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, met en effet comme condition sine qua non à cette conférence la renonciation au recul de l’âge pivot à 64 ans.

Cette mesure paramétrique n’est pourtant qu’un pis-aller : face à la grogne et à la grève des bénéficiaires des régimes spéciaux, le gouvernement a déjà renoncé à une grande partie de la réforme, en particulier à supprimer les avantages liés à ces régimes spéciaux, ce qui aurait permis de réaliser de substantielles économies. On recourt donc à la même recette que François Fillon en 2010 : le recul de l’âge de la retraite. Une solution efficace à court terme, mais qui ne remédie pas aux défauts du système.

Aux yeux de la CFDT, c’est encore trop. Le 15 décembre, sur LCI, Laurent Berger avait avancé en alternative deux propositions : une hausse des cotisations et la confiscation des réserves des régimes de retraite qui ont su en constituer. La ficelle est grosse ! Une fois de plus, le privé seul paierait.

  • En effet, comme Sauvegarde Retraites l’a déjà maintes fois démontré, dans les régimes du public, les pensions sont payées par l’impôt, c’est-à-dire par l’ensemble des contribuables, et les cotisations théoriquement versées par les actifs sont en réalité fictives. Les hausses du taux de prélèvement ne s’y traduisent jamais par une baisse du traitement. L’Etat compense. A l'inverse, ces hausses se répercutent immédiatement sur les salaires des salariés du privé. Dans ce cas, en effet, il ne s’agit pas de simples jeux d’écriture et les sommes prélevées en surcroît sont bel et bien versées par les entreprises (part patronale et salariale). Or, le taux de cotisation dans le privé n’a pas cessé d’augmenter, notamment au cours des 20 dernières années. Il dépasse aujourd’hui 28 %, ce qui est considérable. En Allemagne, par exemple, il est inférieur de presque 10 points.

Autrement dit, la proposition de Laurent Berger revient une fois de plus à ne faire payer que les entreprises et les salariés du privé, pour permettre à certains affiliés aux régimes spéciaux du public de continuer à pouvoir partir à la retraite dès 52 ou 57 ans…

  • Quant à faire main basse sur les réserves des régimes bien gérés (principalement ceux des professions libérales), c’est une manière de ponctionner les fourmis pour garantir les avantages des cigales. En effet, les régimes spéciaux, eux, ne sont pas touchés – puisque Edouard Philippe, dans son allocution du 5 décembre, a de facto renvoyé leur extinction aux calendes grecques.

Edouard Philippe et son gouvernement doivent être conscients que, s’ils augmentent le taux de cotisation et confisquent les réserves du privé pour se concilier les bonnes grâces de la CFDT et des syndicalistes du secteur public, ils s’alièneront définitivement les affiliés aux régimes du privé – c’est-à-dire une majorité de Français, pour l’instant silencieuse, mais qui ne manquera pas de s’exprimer en conséquence lors des prochaines échéances électorales.


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