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Comment le CESE « se fait un petit billet » pour sauver ses retraites dorées

Les membres du Conseil économique, social et environnemental (CESE) ont une conception « pro domo » des biens publics. Au point de les mettre en location pour financer leur régime spécial de retraite très privilégié…

Il faut saluer le sens de l’initiative et l’imagination du président du CESE, Jean-Paul Delevoye. Immédiatement après son élection à la présidence du « machin », le 16 novembre 2010, cet ancien ministre de la Fonction publique de Jacques Chirac a décidé d’ouvrir le Palais d’Iéna, siège du CESE, au public et de louer une partie de ses locaux pour y accueillir des événements (colloques, séminaires de travail, ou même tournages de films…).

En toute logique, cet argent intelligemment gagné par le CESE (1,7 million d’euros de recettes en 2013) devrait permettre à l’Etat d’alléger quelque peu les généreuses subventions (38,15 millions d’euros) qu’il verse à cette assemblée plus dépensière que productive (une vingtaine de rapports et avis publiés chaque année, produits par 233 conseillers).

Mais la logique du CESE n’est pas la même que celle du commun des contribuables : en 2010, sur 1,2 million d’euros recueillis, 500 000 € avaient servi à alimenter… le super-régime spécial des conseillers du CESE.

Rappelons que ces derniers bénéficient :

- d’une pension garantie à 100 % par l’Etat, qui s’ajoute en général à celle qu’ils perçoivent ou percevront au titre de leur véritable activité professionnelle ;

- de la possibilité de cotiser double pendant le premier mandat, ce qui leur permet de bénéficier plus tôt d’une retraite à taux plein

- d’une réversion beaucoup plus avantageuse que dans le secteur privé.

Plutôt que de réformer son régime, le CESE préfère donc le financer partiellement avec les sommes tirées de la location de ses locaux. En toute bonne conscience, mais en oubliant juste un détail : ces locaux appartiennent à l’Etat. C’est un peu comme si le ministère de la Culture payait le régime spécial de ses fonctionnaires avec les recettes du Musée du Louvre ou du château de Versailles, et disait au bon peuple : vous voyez bien que nous n’avons pas besoin de nous réformer !

Ou encore, comme si un locataire logé gratuitement et abondamment nourri par un propriétaire, sous-louait de surcroît l’appartement qu’il occupe pour se payer la cloche.


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