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Iniquités public-privé : un sujet que les candidats à la présidentielle ne pourront pas esquiver !

Les différences de traitement entre retraites du public et du privé perdurent. À l’approche de la présidentielle, Sauvegarde Retraites entend interpeller les candidats sur ces disparités encore considérables et faire de l’équité entre tous les Français un véritable enjeu du débat public.

L’équité face à la retraite est l’une des aspirations les plus profondes des Français. Or, malgré les réformes successives et la mise en œuvre partielle de la réforme d’Élisabeth Borne de 2023, les principaux régimes spéciaux du secteur public subsistent, à commencer par ceux de la fonction publique, et conservent des avantages considérables et injustifiés.

Les iniquités sont encore légion :

  • Calcul de la pension : les fonctionnaires bénéficient d’une pension calculée sur la base des six derniers mois de traitement indiciaire, contre les 25 meilleures années dans le régime de base du privé (dans la limite du plafond de la sécurité sociale) et l’ensemble de la carrière pour la retraite complémentaire Agirc-Arrco ou dans les régimes des professions libérales.
  • Garantie du niveau des pensions : l’État garantit les pensions des fonctionnaires sur fonds publics, alors même que les rendements des régimes du privé se sont considérablement dégradés.
  • Bonifications : de nombreux agents publics bénéficient de trimestres supplémentaires gratuits sans cotisations correspondantes.
  • Prise en compte des années d’étude dans la durée de carrière.
  • Départs anticipés : certaines catégories d’agents peuvent liquider leurs droits dès 53 ou 54 ans, bien avant les salariés du privé.
  • Réversion : dans la fonction publique, elle est accordée sans les conditions d’âge et de ressources applicables dans le privé.

Ces différences ne sont pas de simples particularités techniques : elles traduisent deux conceptions radicalement différentes de la retraite. Dans le public, le niveau des pensions est garanti par l’État (donc par l’ensemble des contribuables), indépendamment des recettes effectivement tirées des cotisations. Dans le privé, au contraire, les assurés subissent directement la dégradation des rendements de leurs régimes, en particulier à l’Agirc-Arrco et dans les régimes des professions libérales.

Cette question reste taboue. Les rapports publics – tous rédigés par des fonctionnaires affiliés aux régimes spéciaux – abordent très peu le sujet et, lorsqu’ils le font, c’est pour en nier l’existence.

Par conséquent, le commun des mortels doit financer, par l’impôt, des pensions dont les règles sont plus favorables que celles qui s’appliquent dans les régimes de droit commun auxquels il est lui-même le plus souvent affilié. Et, par surcroît, il lui demandé de se taire…

Dans le cadre des prochaines élections présidentielles, notre association exigera de tous les candidats qu’ils prennent position sur cette situation, d’autant plus injuste qu’elle est totalement injustifiable. Chaque candidat devra donc faire connaître son engagement — ou son refus de s’engager — et cette position sera portée à la connaissance des électeurs.


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