Budget 2027 : la politique du rabot continue…
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 est malheureusement sans surprise… Adopté en Conseil des ministres le 1er octobre 2026, il n’épargne personne, à commencer par les retraités. Faute d’avoir engagé les grandes réformes structurelles dont notre pays a pourtant un besoin urgent, le gouvernement, littéralement aux abois, en est réduit à racler les fonds de tiroirs, sans aucune retenue.
Tout d’abord, le PLFSS prévoit que la revalorisation des pensions supérieures à 1 260 € mensuels soit désindexée de l’inflation, voire gelée. La mesure est présentée, avec un certain catastrophisme, comme exceptionnelle. Pourtant, rien de nouveau sous le soleil ! Cette pratique est récurrente depuis une vingtaine d’années. La preuve en est donnée par la situation des anciens salariés du secteur privé, aujourd’hui nonagénaires, qui ont liquidé leur retraite en 2000 : leurs pensions seraient aujourd’hui supérieures de 12 % si elles avaient été effectivement revalorisées au rythme de l’inflation officielle. Ce n’est tout de même pas rien.
Bien sûr, dans un contexte où nombre d’actifs peinent déjà à maintenir leur niveau de revenu, quand ils ne le voient pas tout simplement reculer, la revalorisation des pensions ne saurait être considérée comme un dû intangible. Mais que l’on en soit réduit à recourir à ce genre d’expédient devrait surtout nous interroger sur l’état de notre système de retraite. Les pays qui ont engagé de véritables réformes de fond n’ont pas besoin de mener cette « gestion » à la petite semaine. De surcroît, nous présenter aujourd’hui comme une mesure exceptionnelle ce qui est devenu une véritable habitude relève d’une conception vraiment peu louable de l’action publique.
À cela s’ajoute la réduction, de 4 439 € à 3 000 € par foyer fiscal, du plafond de l’abattement de 10 % appliqué aux pensions de retraite pour le calcul de l’impôt sur le revenu. Concrètement, cette mesure réduira l’abattement dont bénéficient les retraités et se traduira donc mécaniquement par une hausse d’impôt. Mais, là encore, le gouvernement assure qu’il ne s’agit que de demander aux retraités un petit effort, conjoncturel et exceptionnel… Mais qui sont les gogos qui pourraient encore le croire ?
La réalité est que la crise de nos finances n’est pas conjoncturelle mais structurelle. Les déficits se succèdent, toujours plus importants, et la charge d’intérêts explose. La dette publique atteint désormais 3 600 milliards d’euros (120 % du PIB) : record absolu ! Et la charge des seuls intérêts décuple sous l’effet conjugué de la hausse des taux d’emprunt. De 30 milliards d’euros en 2021, elle est désormais de 70 milliards d’euros et devrait franchir la barre des 100 milliards d’euros en 2028 selon les prévisions de la Cour des comptes. C’est faramineux : 100 milliards d’euros, c’est l’intégralité des recettes de l’impôt sur le revenu qui partent en fumée. Sans boussole, l’exécutif navigue plus que jamais à vue et s’entête à mener une politique à court terme. Sa seule ambition est de tenir jusqu’aux prochaines élections de 2027 et de pouvoir emprunter encore plus sur les marchés financiers en leurs offrant quelques gages. Pathétique !

