Les retraites plombées par la répartition

Selon l'INSEE, le vieillissement de la population fraçaise va s'accélerer d'ici 2027. Dans ce contexte, le dogme absurde du " tout répartition" conduit les retraites et les retraités à la catastrophe.

Ce n’est pas une bonne nouvelle pour la retraite par répartition : selon les dernières projections de l’Insee, la population française va décroître et notre pays perdrait 3,2 millions d’habitants d’ici à 2070. Certes, ce ne sont que des prévisions, mais elles confirment une tendance déjà perceptible et l’on sait que les déficits démographiques se redressent encore plus difficilement que les déficits budgétaires – ce qui n’est pas peu dire.

En outre, toujours selon ces projections, la population continuerait à vieillir : le nombre des moins de 45 ans diminuerait de 8,9 millions d’ici à 2070, tandis que celui des plus de 65 ans augmenterait de 5,8 millions.

L’immigration ne compenserait plus le déficit naturel – elle ne saurait d’ailleurs compenser la dénatalité, puisque son coût pour les finances publiques est très élevé, comme l’avaient déjà démontré voilà 20 ans les économistes Jacques Bichot, Yves-Marie Laulan ou Jean-Paul Gourévitch, qui l’évaluaient entre 35 et 70 milliards d’euros. En février 2025, dans une étude publiée par l’Observatoire de l’immigration et de la démographie, Pierre Danon, chef d’entreprise et trésorier du parti Les Républicains, estimait le coût total brut de l’immigration pour l’Etat à 75,1 milliards d’euros par an et son coût annuel net à 41 milliards d’euros (déduction faite de la contribution aux finances publiques des immigrés qui travaillent, notamment par les prélèvements obligatoires, impôts et cotisations sociales). Même en prenant en compte l’apport de ce travail et de la consommation de biens pour l’ensemble de la société, il est clair que ce n’est pas l’immigration qui paiera demain les retraites des Français. Pierre Danon pose au contraire la question : « veut-on maintenir notre modèle social extrêmement généreux, ou préfère-t-on accueillir largement un volume important d’immigrés, au détriment de notre modèle social ? »

Mais cette question est loin de poser le véritable problème. Il ne s’agit pas de savoir si nous voulons aujourd’hui « maintenir notre modèle social », qui apparaît à bout de souffle, mais si nous voulons tout simplement sauver les retraites. Le vieillissement de la population, auquel le recours à l’immigration ne constitue pas un remède, conduit l’ensemble des systèmes de retraite dans le mur si la France continue de fonctionner sur le mode du « tout répartition ».

Rappelons que certains régimes de retraite fonctionnent d’ores et déjà en capitalisation, comme celui des sénateurs, excédentaire, et les régimes surcomplémentaires de la fonction publique, Préfon et RAFP. Pourquoi ce qui est bon pour les parlementaires et les fonctionnaires ne le serait-il pas pour les autres ?

Pour éviter la faillite des retraites, il est urgent de passer à un système mixte répartition et capitalisation, et de réfléchir dès à présent aux moyens de le mettre en place. C’est ce que Sauvegarde Retraites demandera aux futurs candidats à l’élection présidentielle de 2027.


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