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La retraite à la carte, c’est possible ! Sous réserve d’une vraie réforme.

Il est question lors de ces présidentielles de revenir sur le recul de l’âge de départ à 64 ans réalisé par la réforme Borne. Dans quelle mesure cela serait-il possible ?

Dans la situation économique actuelle des systèmes de retraite français (le pluriel s’impose, tant les régimes diffèrent, selon qu’ils répondent à une logique assurantielle, comme dans le secteur privé, ou de traitement à vie, dans le secteur public), il n’est pas concevable d’abaisser l’âge de départ à la retraite, que ce soit en jouant sur l’âge légal ou sur la durée de cotisation. Il faut en effet rappeler qu’avant que n’entre en vigueur la réforme Borne, l’augmentation de la durée de cotisation, portée à 43 ans par la réforme Touraine sous la présidence de François Hollande, conduisait les citoyens français à différer le moment de leur départ à la retraite : une personne commençant à cotiser à 21 ans devra partir à 64 ans pour éviter les effets douloureux de la décote.

Il serait pourtant possible de baisser cet âge légal pour ceux qui le souhaitent, à condition de réaliser une réforme de fond, telle que la demande Sauvegarde Retraites depuis sa fondation. Cette réforme passe par l’adoption d’une gestion des retraites par points ou en comptes notionnels (un procédé comparable aux points), comme en a développé la Suède, par exemple, où il est possible de partir dès 61 ans.

Dans un tel système, en effet, chaque affilié dispose d’un compte individuel qui est crédité, à chaque prélèvement, des cotisations versées et dont le capital virtuel est revalorisé chaque année sur des critères actuariels. Ce système permet à chacun de décider du moment de son départ à la retraite, avec une pension dont le niveau varie en fonction des points acquis, sans subir de décote. Dans le cadre d’une vraie réforme structurelle, ce système de retraite « à la carte » introduirait plus de souplesse et de liberté que celui par annuités, dont la logique collectiviste s’impose à tous sans prendre en compte les besoins et les choix personnels.

Quoiqu’insuffisant et ambigu, le premier projet de réforme des retraites préparé par Jean-Paul Delevoye, ensuite abandonné et remplacé par la réforme paramétrique et court-termiste d’Elisabeth Borne, avait envisagé de favoriser la gestion par points des régimes de retraite. Y voyant une menace pour les régimes spéciaux du public (dans lesquels les pensions sont financées et garanties par l’Etat), les syndicats l’avaient combattu avec acharnement. Toutefois, ces mêmes organisations syndicales participent à la gestion de l’AGIRC-ARRCO, le régime complémentaire des salariés du privé, qui utilise le système des points, avec succès puisque l’AGIRC-ARRCO est aujourd’hui l’un des rares régimes de retraite à l’équilibre et dispose même de 78,5 milliards de réserves en 2023. De même, les régimes des professions libérales sont gérés par points, ainsi que… le régime de retraite additionnel de la fonction publique (RAFP) !

La soumission à la logique collectiviste qui réduit l’ensemble des Français à subir indistinctement les diktats de l’Etat, en matière d’âge de départ ou de durée de cotisation obligatoire, n’est donc pas une fatalité.


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