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Revalorisation : traiter la cause plutôt que déplorer les conséquences

La revalorisation des retraites sous l’inflation n’est qu’une conséquence de plus de l’absence de réforme structurelle du système de retraite.

Le gouvernement a décidé de revaloriser les pensions de retraite sous l’inflation : de 0,3 % en 2019 et 2020. Cette mesure irrite d’autant plus qu’elle survient après le coup de rabot encore plus douloureux qu’a représenté la hausse de la CSG – qui revenait à baisser les pensions ! Mais l’on pouvait s’y attendre.

Les retraités ne sont d’ailleurs pas les seuls, ni les plus mal lotis. Jean Pisani-Ferry, qui fut le principal conseiller économique d’Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, affirme dans Les Échos du 28 août que « le gouvernement fait le choix de faire payer les retraités actuels, partis dans de meilleures conditions que les futurs retraités ». C’est inexact.

En réalité, les actifs ne sont pas mieux traités.

  • Dans le secteur privé, les cotisations prélevées pour financer les retraites de base ont augmenté de 1 point (0,5 % part salariale plus 0,5 % part patronale) en janvier 2017 sans créer aucun droit supplémentaire.
  • Une hausse du même niveau (1 point) avait déjà été appliquée en janvier 2016.
  • De même, le dernier accord AGIRC ARRCO (régimes complémentaires des salariés du privé) a prévu une augmentation sensible des taux de cotisation sur la fraction du salaire supérieure au plafond de la sécurité sociale : ils passeront de 16,20 % pour les non cadres et 16,44 % pour les cadres, à 17 % pour tous.

En outre, selon les informations que nous avons obtenues concernant la prochaine réforme des retraites, les actifs (et futurs retraités) devraient supporter l’essentiel des efforts à venir.

Il n’est donc pas opportun d’opposer les affiliés entre eux : retraités et cotisants subissent les effets de la politique irresponsable conduite depuis des décennies, qui a consisté à remettre sans cesse à plus tard la réforme structurelle que la dégradation de plus en plus rapide du système de retraite commandait. Au contraire, les avantages des régimes spéciaux du secteur public, financés par l’ensemble des contribuables, ont été confirmés, alors que les effectifs des trois fonctions publiques ne cessaient de s’accroître, passant de 4,6 millions de fonctionnaires en 1997, à 5,4 millions en 2014. Rappelons que les hausses de cotisation affichées par ces régimes spéciaux sont fictives et ne se traduisent par aucune baisse du salaire net.

« Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu'ils en chérissent les causes », a écrit Bossuet. La maxime s’applique, entre autres, aux retraites. Les coups de rabot - revalorisations sous l’inflation et hausses de cotisations - ne sont que les conséquences inévitables qui découlent d’une cause principale : l’absence d’une réforme susceptible de remédier au délabrement du système. Cette réforme, l’actuel président de la République et son gouvernement ont promis de la réaliser. Il appartient à tous les Français, cotisants et affiliés, de veiller à ce que cette promesse soit tenue. Si elle devait se résumer encore une fois à un écran de fumée, il faudrait s’attendre à voir les pensions diminuer, les cotisations augmenter et l’âge de départ être de plus en plus retardé.


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