Régime spécial des cheminots : l'exemple autrichien

Un récent rapport de la cour des comptes rappelle que certains pays ont supprimé les régimes spéciaux de retraite.

Certains principes de bon sens que Sauvegarde Retraites fait valoir depuis sa création font leur chemin et inspirent aujourd’hui la Cour des comptes elle-même. Dans son dernier rapport « Situation et perspectives des finances publiques », paru fin juin, la Cour observe que « la quasi-totalité des pays européens ont mis en œuvre des réformes des régimes de retraites ».
Certes, ces réformes « ont généralement conduit à augmenter l’âge légal de la retraite et à modifier les règles d’indexation des pensions », parfois douloureusement, comme en Espagne où les pensions initiales pourront, en outre, être réduites en fonction de l’allongement de la durée de vie.
Mais la Cour souligne que, par ailleurs, « certains pays ont supprimé de nombreux régimes spécifiques de retraites afin de faire converger les régimes de retraites, sans nécessairement conduire à une harmonisation par le haut des régimes, comme en Autriche avec le régime des cheminots ». L’Etat fédéral autrichien a revu à la baisse son soutien aux retraites des cheminots et les possibilités de départs anticipés à la retraite ont été réduites.
En France, ce « soutien » de l’Etat au régime spécial de retraite de la SNCF se traduit par une « subvention d’équilibre » de 3,263 milliards d’euros en 2015 (1). Les privilèges liés à ce régime sont donc payés par l’ensemble des contribuables.
Rappelons que les cheminots français peuvent aujourd’hui partir à la retraite à 55 ans, voire 50 ans pour les conducteurs de locomotives. Le recul de deux ans de l’âge légal de départ, prévu par la réforme Woerth, ne commencera à leur être progressivement appliqué qu’à partir de 2017, date à laquelle cet âge de départ sera déjà porté à 62 ans pour la majorité de nos compatriotes. Et c’est seulement à partir de 2023 que les cheminots – comme d’autres bénéficiaires de régimes spéciaux : la plupart des électriciens et gaziers, ou agents de la RATP – partiront… à 57 ou 52 ans !
Rappelons en outre que les fonctionnaires de la catégorie dite « active », privilégiés parmi les privilégiés bénéficiant du régime spécial de la fonction publique, pourront eux aussi continuer à partir à 52 ans, soit 10 ans avant les salariés du privé… Ces derniers devront même, pour la plupart, différer leur départ jusqu’à 67 ans s’ils ne veulent pas subir une décote sur leurs retraites complémentaires Agirc et Arrco. Où est l’équité ?
Entre la perspective de supprimer les régimes spéciaux, comme en Autriche, et celle de devoir mettre en place un jour une réforme aussi drastique qu’en Espagne, il n’y a pas à hésiter.
(1) Source : Commission des comptes de la Sécurité sociale, septembre 2014.

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