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Comment le recul de l’âge de départ va être compensé pour les enseignants

La prise en compte d’allocations d’études dont des dizaines de milliers de futurs enseignants ont bénéficié voilà trente ans, va annuler pour eux les effets de la réforme.

Une information des plus intéressantes a été publiée sur le site Internet de Capital, le 24 juin. Voici ce dont il s’agit : dans les années 90, l’État avait servi une allocation, pendant deux années d’études, à plusieurs dizaines de milliers d’étudiants préparant les concours de l’Éducation nationale. Il avait alors été question que ces allocations soient prises en compte dans la retraite de ces futurs enseignants (au lieu de cotisations, ce sont les aides versées qui auraient ouvert des droits à la retraite !), mais le décret du Conseil d’État qui devait l’établir ne fut pas publié.

Trois décennies plus tard, les syndicats demandent qu’il y soit fait droit. Pourquoi maintenant ? À l’évidence, ce point a fait l’objet des négociations entre les syndicats et l’État, consécutives à la réforme Borne. Cependant, la validation de ces deux années par le Conseil d’État sous prétexte de l’allongement de la durée de cotisation et de l’instauration de la décote, ne résiste pas à l’examen. L’augmentation progressive de la durée de carrière dans la fonction publique a été prévue par les lois de 2003 (qui les portaient de 37,5 à 40 ans, dix ans après les régimes du privé), de 2008 (41 ans), de 2010 (41,5 ans) et de 2014 (43 ans en 2035, réforme Touraine). Quant à la décote, elle est entrée en vigueur dans la fonction publique en janvier 2006, voilà donc près de vingt ans !

L’urgence ne crève donc pas les yeux… sauf s’il s’agit d’une compensation déguisée au report de deux ans de l’âge de la retraite, prévu par la réforme Borne.

Cette compensation est très loin d’être insignifiante. La pension des fonctionnaires est calculée sur le traitement des six derniers mois, à son plus haut niveau. C’est sur cette base que sera augmentée, pendant toute la durée de leur retraite, c’est-à-dire jusqu’à la fin de leur vie, la pension des quelque 30 000 enseignants qui ont perçu cette aide de l’État avant d’être embauchés et de commencer leur activité. Il s’ensuit que le montant de l’allocation versée voilà trente ans est dérisoire au regard de ce qu’elle rapportera aux anciens étudiants devenus retraités !

Pour les intéressés, l’astuce permet de bénéficier d’une compensation financière particulièrement intéressante ou de pouvoir partir plus tôt à la retraite sans perte de revenus.

Après le système de compensations mis en place dans les régimes des personnels de l’aviation civile et des aiguilleurs du ciel, voilà un nouvel exemple de l’imagination dont savent faire preuve les fonctionnaires qui gèrent les retraites du public et les syndicats pour profiter des largesses de l’État.


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