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Les idées de Sauvegarde Retraites à la Une !


article publié le 08-03-2017

Nos idées progressent dans l’opinion, comme le montrent les programmes des candidats à l’élection présidentielle. Certaines sont reprises mot pour mot !


Ainsi Emmanuel Macron explique-t-il dans son programme : « Nous créerons un système universel de retraites où un euro cotisé donne les mêmes droits, quel que soit le moment où il a été versé, quel que soit le statut de celui qui a cotisé. »

« À cotisation égale, retraite égale », cela ne vous rappelle-t-il rien ? C’est l’une des principales revendications de Sauvegarde Retraites !

Nous pourrions multiplier les exemples : certains points des programmes d’Emmanuel Macron et de François Fillon sont tirés des études et des analyses de Sauvegarde Retraites. Ainsi tous deux prévoient le regroupement des régimes sociaux en un seul, offrant à tous les mêmes droits et obligations, au moins en ce qui concerne le mode de calcul de la pension.

Emmanuel Macron milite pour la retraite à la carte (choix de l’âge de départ avec une pension plus ou moins élevée) ; et François Fillon pour la suppression des régimes spéciaux des entreprises publiques, pour l’instauration d’un régime à points, ou encore pour le développement d’une retraite par capitalisation à côté de la retraite par répartition.

Il faut évidemment s’en réjouir, car c’est le signe que nos idées gagnent dans l’opinion : les principaux candidats à l’élection présidentielle considèrent aujourd’hui qu’ils marqueront des points en les reprenant. Mais ne soyons pas naïfs pour autant : l’expérience montre que les promesses électorales n’engagent que ceux qui les reçoivent.

François Fillon était Premier ministre en 2010 lors de la réforme Woerth, dont le seul article (16) proposant de réfléchir aux conditions d’une plus grande équité entre les régimes, de la mise en place d’un régime universel à points ou en comptes notionnels et du libre choix par les assurés du moment et des conditions de leur cessation d’activité, avait été introduit par un amendement au projet gouvernemental déposé contre le souhait du gouvernement.

Emmanuel Macron était secrétaire général adjoint de la Présidence de la République lors de la discussion et du vote, en 2013-2014, de la non-réforme Touraine, qui enterra l’article 16 de la loi Woerth.

Des manques ou des contradictions apparaissent d’ailleurs dans les propositions des candidats.

Ainsi François Fillon ne fixe aucune échéance pour le passage au régime unique à point. Il souhaite supprimer les régimes spéciaux, mais ne paraît pas y englober les principaux, c’est-à-dire ceux de la fonction publique.

Emmanuel Macron, quant à lui, veut permettre à chacun de « mieux choisir son âge de départ », et pour cela, de « travailler davantage pour avoir une pension plus élevée ou de partir plus tôt avec une pension moindre ». Mais il souhaite néanmoins maintenir l’âge légal de départ à 62 ans ! Ceux qui le souhaitent « pourront choisir de travailler plus longtemps afin d’améliorer leur pension », précise-t-il aimablement dans son programme.

Reste que l’on ne voit pas bien ce que cela change au système actuel, puisque la majorité des affiliés partent plus tard pour avoir une retraite à taux plein (67 ans aujourd’hui)… A cet égard, François Fillon souhaite repousser l’âge légal de départ à 65 ans, ce qui devrait reporter logiquement l’âge du taux plein sans décote à 70 ans.

Par ailleurs, on se demande, en lisant les programmes, si les candidats connaissent vraiment le fonctionnement des régimes de retraite et notamment le mode de calcul de la retraite des salariés du privé.

« Quand on est fonctionnaire, la pension est calculée sur les six derniers mois (mais n’inclut pas les primes) et, quand on est salarié dans le privé, elle est calculée sur les vingt-cinq meilleures années (mais inclut généralement l’ensemble des rémunérations) », lit-on dans le programme d’Emmanuel Macron.

« La retraite des fonctionnaires devra être calculée sur les 25 meilleures années de leur carrière, comme c’est le cas pour tous les salariés. En contrepartie, leurs primes pourront être intégrées dans le calcul de la pension de retraite », affirme celui de François Fillon.

Or, la pension des salariés du privé n’est calculée sur les 25 meilleures années que dans le régime général. Dans les complémentaires des salariés du privé (Arrco et Agirc) - qui ne représentent pas une partie anecdotique de leur retraite -, elle est calculée sur l’ensemble de la carrière. Le calcul sur les 25 meilleures années n’inclut donc pas « généralement l‘ensemble des rémunérations ».

En outre, concernant les retraites de la fonction publique, certaines primes sont déjà prises en compte dans le calcul de la pension des fonctionnaires, contrairement à ce qui est indiqué dans le programme d’Emmanuel Macron. Et pour celles qui ne le sont pas, une contrepartie a déjà été créée avec le régime additionnel de la fonction publique (RAFP), ce que semble ignorer François Fillon.

Si les affiliés aux régimes de retraite (actifs et retraités) ont des motifs de se réjouir de voir les candidats à la présidentielle inscrire dans leurs programmes leurs principales revendications, ils auront donc toutes les raisons de rester vigilants et de ne pas relâcher la pression après l’élection pour que ces belles intentions ne restent pas lettre morte.



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