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Un candidat pour une vraie réforme


article publié le 23-11-2016

François Fillon ou Alain Juppé ? Deux candidats restent en lice pour la primaire de la droite. Faisons le point sur leurs positions respectives en matière de retraites.


- Alain Juppé propose :

. d’aligner les retraites du public sur celles du privé, 
. de fermer le dispositif des régimes spéciaux sans le supprimer immédiatement : les fonctionnaires embauchés à partir de 2018 seraient rattachés aux régimes du privé.
. de reporter l’âge de départ à 65 ans, y compris pour la fonction publique et les régimes spéciaux des entreprises publiques, à raison de quatre mois par an à partir du début de 2018. 

Rappelons qu’il s’est lui-même empressé de liquider ses droits à la retraite d’inspecteur des finances (fonction qu’il n’avait réellement exercée que pendant quatre ans) à l’âge de 57 ans, le 1er janvier 2003 – juste avant que l’entrée en vigueur de la réforme Fillon qui allongeait  la durée minimum de carrière des fonctionnaires de 37 ans et demi à 40 ans.

On se souvient qu’en 1995, Alain Juppé avait tenté une réforme du public avant d’y renoncer devant la bronca des fonctionnaires et des salariés du public.

- François Fillon a inscrit dans son projet :

. l’harmonisation graduelle des régimes de retraite publics et privé (calcul de la pension des fonctionnaires sur les 25 meilleures années, primes intégrées) et 
. la suppression des régimes spéciaux des entreprises publiques, basculés vers le régime général. 

Rappelons toutefois que dans les complémentaires des salariés du privé (Agirc et Arrco), le calcul des retraites n’est pas opéré sur les 25 meilleures années, mais sur l’ensemble de la carrière...

. l'instauration d'un régime par points
. la mise en place d'un étage de capitalisation – ce qui le distingue d'Alain Juppé, qui en reste au "tout répartition"-. 
. de fusionner les retraites de base et complémentaires. 


François Fillon avait déjà procédé à un début d’alignement du public sur le privé par sa réforme de 2003 (durée de cotisation, indexation des pensions sur les prix, extension aux fonctionnaires du mécanisme de la décote…), lorsqu’il était ministre des Affaires sociales. Il ne s’agissait que d’une réforme paramétrique, mais qui allait néanmoins dans le bon sens. Sous son gouvernement et la présidence de Nicolas Sarkozy, a également été réalisée une réforme des régimes spéciaux (alignement progressif de la durée de cotisation et augmentation des taux, introduction d’un système de décote et surcote…). Il ne s’agissait, là encore, que de mesures paramétriques, qui, comme l’a montré la Cour des comptes, furent en outre amplement compensées – aux frais de l’Etat, donc des contribuables.

Enfin, la réforme Woerth du 9 novembre 2010, qui avait repoussé de deux ans l’âge légal de départ, n’a pas non plus modifié le système de retraites comme il l’aurait fallu. Tout au plus l’article 16 le laissait-il espérer, en prévoyant d’ouvrir en 2013 (autrement dit, après la présidentielle de 2012…) une « réflexion nationale sur les objectifs et les caractéristiques d’une réforme systémique », portant notamment sur l’équité entre les régimes de retraite obligatoires, la mise en place d’un régime par points et "les moyens de faciliter le libre choix des assurés du moment et des conditions de leur cessation d’activité".

C’est sur cette réforme systémique que Sauvegarde Retraite demande aujourd’hui aux candidats de s’engager.


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