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Grève des cheminots : le "casse du siècle"


article publié le 08-06-2016

Accrochés à leur statut, les cheminots prennent la France en otage et la rançon coûte cher au contribuable. Rien que pour la retraite, elle est de 3,2 milliards d’euros.


Pour de nombreux habitants d’Ile-de-France, c’est aujourd’hui la double peine : ils ont à la fois les pieds dans l’eau et les pieds vissés sur un quai à attendre un train qui ne viendra pas, grève des cheminots oblige. Cette France laborieuse qui se lève tôt, qui endure les longs trajets domicile-travail, est aujourd’hui prise en otage par des syndicalistes professionnels qui ne travaillent pas et font de la grève un moyen de racketter les honnêtes gens.


Qui dit otage dit en effet rançon…
Et quelle rançon ! Accrochés à leur statut comme la bernique à son rocher, les cheminots n’ont de cesse de vouloir le préserver et l’améliorer, par tous les moyens. Au cœur de leur statut, il y a la pension de retraite bien sûr, cette rémunération à vie perçue dès l’âge de 50 ans par les conducteurs de trains ; et dès 55 ans pour les autres.

Et pas n’importe quelle pension : 75 % de la rémunération calculée sur les six derniers mois de carrière, primes incluses. Il faut y ajouter, bien évidemment, la kyrielle d’avantages retraite – comme les bonifications d’annuités – prévus par ce fameux statut. Rien que pour la retraite, la rançon coûte chaque année 3,2 milliards d’euros au contribuable. C’est en effet le montant de la subvention versée en 2015 par l’État pour boucher le trou de la retraite des cheminots.

3,2 milliards d’euros, c’est le « casse du siècle ». C’est l’équivalent de 40 % du budget de la Justice, que l’on dit exsangue. C’est encore l’équivalent de 5 % du déficit budgétaire, que l’on dit abyssal. Tout cela pour une poignée de personnes à l’échelle de la population… Et c’est bien l’ensemble de la population qui paie pour quelques-uns qui ont le culot, de surcroît, d’empoisonner la vie de ceux qui les font vivre.

Et apparemment, cela ne suffit pas ! Tandis qu’un projet d’accord se profile, un syndicaliste déclame, toute honte bue, que ce projet va « dégrader le quotidien des cheminots ». Dépassée, la direction affiche un optimisme de façade. Selon le dirigeant de la SNCF Guillaume Pépy, le mouvement de grève a coûté – à ce jour – plus de 300 millions d’euros, mais cela n’empêche pas un membre de la direction d’exprimer son « sentiment d'avoir mené une vraie négociation dans un bon esprit pour aboutir à un accord ». On croit rêver…

Quant à l’exécutif, impuissant face la ruine de son autorité, il ne trouve rien de mieux à dire, par la voix de François Hollande, « qu’il faut savoir arrêter une grève ». On sent déjà les cheminots terrorisés...

C’est évidemment le pouvoir qui est terrorisé, à un an des élections, devant la fronde de son électorat. Alors il paie. Ou plutôt, nous payons.


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