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L'invraisemblable propagande des députés socialistes


article publié le 06-10-2015

Dans un courrier envoyé à des membres de Sauvegarde Retraites, les députés socialistes osent une propagande éhontée pour vanter des "résultats" et des "réformes" inexistants.


De nombreux membres de Sauvegarde Retraites - qui avaient sollicité les députés dans le cadre d’une campagne de l’association – ont reçu des députés du groupe socialiste une lettre-type totalement impersonnelle, qui s’apparente davantage à une opération de communication-propagande qu’à un véritable dialogue entre élus et citoyens. 



Point 1 – La démocratie sociale niée

Tout d’abord, les députés socialistes qui ne rechignent jamais à donner des leçons de démocratie sociale s’opposent catégoriquement à restaurer les élections au sein des caisses de retraite ; un comble ! Pour justifier l’injustifiable ces parlementaires avancent que « ce sont les organisations syndicales de salariés et d’employeurs, interprofessionnelles et représentatives au plan national, qui désignent leurs représentants. Les syndicats s’emploient à mettre en place une représentation équilibrée. (…) Il ne s’agit pas de défendre les intérêts d’un groupe contre un autre, mais bien de tendre à l’égalité pour tous les retraités. »

La belle affaire ! Où est la démocratie ?

Rappelons que :

-     dans les faits, le taux de syndicalisation est si faible (6 % dans le privé) que la notion de « représentativité » est totalement biaisée ;

-       ce que les députés socialistes nomment « représentation équilibrée » est en réalité le partage des postes d’administrateurs entre syndicalistes « cooptés ». Les apparatchiks n’en disaient pas moins sous le Soviet suprême ;

-       plusieurs « représentants » nommés au Conseil d’administration de la CNAV ne sont même pas affiliés à la CNAV… mais sont bénéficiaires de régimes spéciaux ; ils sont donc bien mal placés pour « tendre à l’égalité ».

 

Point 2 – Déficits : un exercice ubuesque d’autosatisfaction

Ensuite, les députés socialistes se félicitent d’un déficit : « Nous avons divisé le déficit annuel de la CNAV par plus de 7 en 5 ans grâce aux réformes conduites par le gouvernement. »

Le principe même de se couvrir de louanges alors que le régime général est en déficit est surréaliste. Partout ailleurs : Suède, Allemagne, États-Unis, etc. : tout déficit de la protection sociale est inconcevable et interdit pour des raisons de morale évidentes. Par ailleurs, la réduction apparente du déficit de la CNAV constitue un exercice comptable en trompe-l’œil :

-        la situation globale des régimes de retraites est catastrophique : cette année, encore, l’Etat va accorder (avec l’argent du contribuable…) plus de 6 milliards d’euros pour garantir les avantages des régimes spéciaux. La CNAV n’est pas le seul régime en déficit… Pis, les régimes encore à l’équilibre financier (caisses des professions libérales) sont une exception !

-        le Fonds de solidarité vieillesse (FSV), censé soulager les régimes en difficulté, accuse lui-même un déficit abyssal de 3,48 milliards d’euros (contre 2,85 milliards pour l’exercice précédent). D’ailleurs, dans son rapport de certification des comptes 2014 de la sécurité sociale, la Cour des comptes ne manque pas de souligner que le déficit affiché par la CNAV était largement minoré par rapport à la réalité, précisément parce qu’il ne tient pas compte « du résultat déficitaire du FSV ». Les députés socialistes n’ont-ils pas lu ce rapport ?

 

Point 3 – La glorification de pseudo-réformes

Enfin, les députés socialistes attribuent à la pseudo-réforme « Touraine » de 2014 des vertus imaginaires : « Les réformes que nous avons engagées pour rendre la branche vieillesse viable portent donc leurs fruits. »

Là encore, l’exercice d’autosatisfaction défie la réalité :

-       La loi « Touraine » sur les retraites n’a réformé en rien notre système de retraites. Elle n’a fait que décider des hausses de cotisations pour les entreprises, provoquant des dommages importants pour l’économie française déjà asphyxiée par les impôts et taxes.

-       Si la CNAV est dans une situation légèrement moins dramatique que lors des exercices précédents, ce n’est pas grâce à la dernière loi « Touraine », mais en raison de la loi Woerth de 2010 qui a repoussé progressivement l’âge de départ à la retraite de 60 à 62 ans. Or, non seulement les députés socialistes avaient refusé de voter cette loi mais ils avaient appelé à manifester contre elle… De qui se moque-t-on ?



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