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Blocage des ports pour faire ?chouer la r?forme des retraites


article publié le 25-01-2011

Les syndicats de grutiers et de dockers bloquent de nouveau les ports français. Leur objectif : partir à la retraite 4 ans plus tôt que les autres salariés.


Devinette :
·         Je gagne entre 3500 et 3700 euros net par mois, primes comprises, avec pour diplôme un certificat d’aptitude à la conduite en sécurité.
·         Je travaille 32 heures par semaine, dont 16 heures de travail productif (et 16 de « surveillance »).
·         En tant qu’agent portuaire, je bénéficie de la garantie de l’emploi.
·         Et je bloque les ports pour partir à la retraite quatre ans avant le commun des salariés.
Qui suis-je ? Un grutier du port de Marseille !
Les grutiers et les dockers français se sont une fois de plus mis en grève, en ce début d’année 2011, pour exiger de partir à la retraite quatre ans plus tôt que les autres salariés. Au nom de la pénibilité de l’emploi...
Pourtant cette pénibilité a considérablement diminué depuis que le fret n’est plus embarqué ou débarqué à la force des bras, mais dans des conteneurs au moyen de grues, de portiques ou de chariots.
Derrière cet alibi, grutiers et dockers tentent en réalité de pérenniser un traitement de faveur dont les retraités de ces professions bénéficiaient précédemment : la « cessation anticipée d’activité au titre de l’amiante », qui leur a permis de partir plus tôt à la retraite (1 année gagnée pour 3 travaillées dans la profession, dans la limite d’un départ à 50 ans).
Cet avantage pouvait s’expliquer à l’époque où les ouvriers portuaires déchargeant les bateaux étaient  effectivement exposés à l’amiante.  Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Cela n’empêche pas les grutiers et dockers de vouloir continuer à bénéficier d’un traitement de faveur. En octobre 2010, un précédent mouvement de grève avait débouché sur un pré-accord avec les entreprises du secteur prévoyant qu’ils pourraient partir quatre ans avant l’âge légal (58 ans au lieu de 62).
Or le gouvernement entend aujourd’hui limiter le départ anticipé à 2 ans et ne l’accorder qu’à la moitié des 5 000 à 6 000 personnes concernées. D’où le nouveau « débrayage » des intéressés, qui se soucient peu des dégâts provoqués par la grève d’octobre : 3 000 entreprises et 41 000 emplois menacés, et la fiabilité des ports français encore diminuée.
En toile de fond de ce bras de fer entre les ouvriers des ports et le gouvernement, le vrai but des syndicats est d’ouvrir une brèche dans la principale mesure de la réforme des retraites : le recul de l’âge de départ à 62 ans.
 
 

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