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Christian Estrosi joue la provocation


article publié le 19-07-2010

Le ministre de l’industrie annonce, sans vergogne, la signature du protocole organisant le pillage de l’Agirc-Arrco au profit de l’Ircantec. Et, s’en félicite !


Par voie de communiqué de presse, Christian Estrosi « accueille avec beaucoup de satisfaction » le « siphonnage » des caisses du privé (Agirc-Arrco) au profit du régime spécial Ircantec. Pour le ministre, cette opération « est une très bonne nouvelle pour les salariés de La Poste.»Le ton ne laisse aucune place au doute : le gouvernement a choisi de privilégier les salariés de La Poste au détriment des retraites complémentaires du privé.
 
Aussi invraisemblable que cela puisse paraître en pleine réforme des retraites, le gouvernement prend prétexte du changement de statut de La Poste pour faire payer le prix fort aux caisses du privé le fait que les nouveaux embauchés de la poste ne seront pas affiliés à l’Ircantec (régime des salariés actuels de La Poste) mais au régime complémentaire Agirc-Arrco. Une manière grossière de prendre de l’argent dans les caisses de régimes moins avantageux et plus pauvres pour le mettre dans celles d’un régime spécial plus avantageux (+ 60 % de rendement) et riche de 643 000 cotisants supplémentaires en 10 ans (+ 32 %).
 
Le motif fallacieux de cette ponction ? Le ministre explique que l’Agirc-Arrco va payer une compensation annuelle à l’Ircantec « au titre de la perte des cotisants embauchés à partir du 1er janvier 2011 ». Question : comment peut-on perdre ce qu’on ne possède pas ? En effet, il n’y aura aucun transfert de cotisants : les postiers déjà affiliés à l’Ircantec le resteront. Plus que jamais, il apparaît clairement que l’Ircantec s’estime propriétaire des futurs salariés de La Poste – même ceux qui ne sont pas encore nés !
 
Estrosi pousse le bouchon encore plus loin lorsqu’il assène que « ce protocole d’accord permet de garantir à la fois les droits des salariés de La Poste et les équilibres de chacun des régimes de retraite complémentaire, par le biais d’un montant versé chaque année par l’AGIRC-ARRCO et révisé annuellement ». Que cela arrange à la fois les salariés de La poste et l’Ircantec, caisse complémentaire des fonctionnaires non-titulaires et des élus, est chose certaine. En revanche, affirmer que le protocole « permet de garantir l’équilibre » de l’Agirc-Arrco, qui est le payeur dans cette incroyable affaire, dépasse la plus élémentaire décence quand on sait que l’Agirc et l’Arrco puisent dans leurs réserves tandis que l’Ircantec est en excédent.
 
Combien ce hold-up d’Etat va-t-il coûter aux salariés du privé ? Curieusement, silence radio sur ce sujet. Sauvegarde Retraites a initié une vague de protestation depuis le début de cette affaire ; nul doute qu’elle va s’amplifier.
 
Pour aller plus loin : « Hold up d’Etat, 10 bonnes raisons de sauver l’Agirc-Arrco »


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