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Le probl?me des retraites n'est ni politique, ni id?ologique.


article publié le 28-07-2003

Pour G?rard Maudrux, pr?sident de caisse de retraite, le probl?me des retraites n?est ni politique ni id?ologique, il est purement li? ? la r?partition et ? la d?mographie...


Lisez ce qui suit et pour en savoir plus, cliquez ici Dans ma propre caisse de retraite, j'ai 4 actifs pour un retrait?. Comme nous sommes en r?partition pure, rien n?est mis de c?t? et les cotisations servent ? payer les retraites (la diff?rence en ce qui concerne les retraites qui devraient ?tre plus importantes avec 4 cotisants est due aux ponctions pour les r?gimes d?ficitaires au nom de la solidarit? inter r?gimes, via la compensation nationale). Dans une g?n?ration, lorsque l??tudiant d?aujourd?hui prendra sa retraite, nous aurons 1 cotisant pour 1 retrait?. En restant en r?partition pure, cela veut-il dire que pour continuer ? servir la m?me retraite, il faudra multiplier la cotisation par quatre ? Les cotisants le pourront-ils, le voudront-ils ? Cela veut-il dire aussi que la retraite devra ?tre divis?e par quatre ? M?me la situation m?diane, doublement des cotisations pour une retraite divis?e par deux est inacceptable. Ces pr?visions ? 35-40 ans sont-elles justes ? La d?mographie est une science assez pr?cise, elle consiste ? pr?voir que ceux qui ont 25 ans aujourd?hui en auront 65 dans 40 ans. Ceux qui seront ? la retraite dans 40 ans sont d?j? tous n?s depuis tr?s longtemps. Ces pr?visions ? 35-40 ans sont-elles n?cessaires ? Celui qui va s?installer aujourd?hui et que l?on va obliger ? cotiser pendant 40 ans a le droit de savoir ce qu?il aura en ?change, de quoi il vivra ? la retraite pendant plus de vingt ans. Nous n?avons pas le droit de tricher sur ces informations. Ailleurs les probl?mes sont les m?mes. Dans toutes les professions, la d?mographie va tomber ? un actif pour un retrait? dans quarante ans. Pour le r?gime g?n?ral, comptant plus de 20 millions d?actifs, ce rapport va passer de 2/1 ? 1/1 en quarante ans. Il y a aujourd?hui 125 000 nouveaux retrait?s chaque ann?e en France (solde entre les d?parts ? la retraite et les d?c?s). En 2010, dans 8 ans, il y en aura quatre fois plus soit 500 000 nouveaux retrait?s par an. O? est l?argent pour les payer ? On n?a rien mis de c?t? et ?tant en d?ficit budg?taire chronique nous n?avons pas les moyens de le faire. Pour les r?gimes sp?ciaux et de fonctionnaires, 50% des effectifs partent ? la retraite avant 10 ans. O? est l?argent pour les payer ? On n?a rien mis de c?t? non plus. Quand vont se situer les probl?mes ? L??ch?ance de 2005 annonc?e et connue depuis vingt ans est due ? une cassure dans la courbe des nouveaux retrait?s chaque ann?e, due au baby boom d?apr?s guerre. Cette ?ch?ance est repouss?e de 2 ? 3 ans, Balladur ayant allong? la dur?e de cotisation de 2,5 ans. Ils prendront donc leur retraite entre 2006 et 2008, et pour aussi longtemps, l?esp?rance de vie ayant augment? de 2,5 ans dans le m?me temps. Par cette mesure, le probl?me n?a pas ?t? r?gl?, il a ?t? d?plac?. Quels rem?des ? Quelles sont les solutions pouvant permettre de faire face ? cette catastrophe d?mographique ? Il n?y en a que sept : - augmenter les cotisations, - diminuer les retraites, - allonger la dur?e des cotisations, - modifier la d?mographie, - compter sur la baisse du ch?mage, - compter sur la croissance, - capitaliser. Nous allons les d?tailler les unes apr?s les autres, et voir ce qu?il faut faire avec toujours le m?me objectif : maintenir les retraites ? leur niveau actuel, en ne jouant que sur un seul facteur au d?but, ?tant bien entendu que diff?rentes mesures peuvent ?tre associ?es. Pour les trois premiers points, les chiffres les plus r?cents sont donn?s par le dernier rapport du Conseil d?Orientation des Retraites publi? en mars 2002 (La Documentation Fran?aise) et sont r?sum?s dans le tableau page 237 : Baisse des retraites : si on ne fait rien, en quarante ans, la retraite tombe ? 54% de son niveau actuel (correspond logiquement au passage de 2 cotisants/1 retrait?, ? un peu plus de 1/1). Augmentation des cotisations : si on veut maintenir la retraite ? son niveau actuel en jouant sur les cotisations, celles-ci doivent augmenter d?un montant de 15% du revenu. Actuellement la cotisation, r?gime de base + AGIRC-ARCCO est de 26% du revenu. L?augmentation est donc de 57%, passant de 26% ? 26 + 15 = 41% du revenu. Il n?y a pas doublement en raison de l?int?gration de la croissance du pouvoir d?achat que nous verrons plus loin. Cette augmentation est-elle possible ? Nous avons d?j? les charges sociales les plus ?lev?es au monde, les augmenter entra?nera encore plus de d?localisations, moins de cotisants. Pendant quarante ans on a jou? sur ce seul facteur, il a quasiment atteint son plafond. ?largir l?assiette, changer les cotisations par un autre pr?l?vement revient au m?me, ce sera toujours un pr?l?vement sur le pouvoir d?achat, toutefois meilleur qu?un pr?l?vement sur le travail. Allongement de la dur?e de cotisation : Si on veut par contre jouer sur le facteur allongement de la dur?e de cotisation pour maintenir les retraites au taux actuel, en plus des mesures Balladur, on obtient des retraites ? 59% en augmentant d?un an, ? 63% pour deux ans, ? 70% pour quatre ans, 82% pour six ans. Pour revenir ? 100% de la retraite actuelle il faut augmenter la dur?e de cotisations de... 9 ans ! Esp?rons que ces dur?es s?appliquent ? l??ge de d?part moyen ? la retraite, soit 58 ans actuellement en France, mais pour obtenir ces moyennes, il faut 55 + 9 = 64 pour les r?gimes sp?ciaux ; 60 + 9 = 69 pour les salari?s et 65 + 9 = 74 pour les ind?pendants ; l?id?al se situant ? 58 + 9 = 67 pour tous. Faisons remarquer que c?est en quelques sortes un retour aux sources, car dans les ann?es 50, l??ge de d?part ? la retraite ?tait de 65 ans, et l?esp?rance de vie de... 65 ans. La moiti? des gens mourait avant la retraite, l?autre moiti? pouvait alors la prendre, la r?partition ?tait alors ?quilibr?e. Ces mesures sont profond?ment injustes car retarder l??ge de d?part ? la retraite, c?est supprimer ou ?courter la retraite de bon nombre de personnes, de plus celles qui auront ?t? d?j? moins g?t?es par la nature que les autres. Il y a dans la vie des ob?ses, des diab?tiques, des vasculaires, des canc?reux,... dont l?esp?rance de vie est inf?rieure. Faut-il supprimer leur retraite pour que d?autres en profitent ? Faut-il les obliger ? cotiser toute leur vie pour une retraite ? laquelle ils n?auront pas droit, ou si peu ? La r?ponse devrait ?tre clairement non. Solutions mixtes : Que donnent les simulations en mixant ces trois mesures ? Au centre de la courbe, en faisant passer les cotisations de 26 ? 30%, en allongeant la dur?e des cotisations de deux ans (en plus des 2,5 ans de Balladur), les retraites chutent quand m?me de 25%, qui viennent s?ajouter aux plus de 20% de baisse sur une carri?re compl?te si on prend en compte l?ensemble des mesures Balladur. Certainement plus, nous le verrons plus loin avec la croissance. Nous verrons que mixer ces mesures avec les suivantes n?am?liore rien en ce qui concerne le ch?mage et la d?mographie, il y a aggravation si on tient compte de la croissance r?elle, handicapant fortement le gain que pourrait apporter la capitalisation dans la r?partition, de toutes mani?res temporaire et insuffisant. Baisse du ch?mage : plus personne n?en parle, les rapports Charpin, Briet et suivants ayant montr? que des simulations de ch?mage ? 4% n?am?liorent que tr?s peu les r?sultats ? 40 ans. On n?a d?ailleurs pas vu d?am?lioration en passant de 12 ? 9% de taux de ch?mage. D?mographie : combien faut-il faire d?enfants ou de quelle importance doit ?tre l?immigration pour permettre le maintien de la retraite au niveau d?aujourd?hui ? La r?ponse est simple : pour passer du rapport d?mographique de 1/1 ? 2/1, il faut 25 millions de travailleurs en plus. Un travailleur allant en g?n?ral avec une famille, c?est 60 millions d?individus qu?il faut, soit un doublement de la population de France en 40 ans. Et ce n?est pas suffisant car ce sont des cotisants et non des individus dont on a besoin. C?est donc 25 millions d?emplois qu?il faut cr?er en 40 ans, soit 600 000 chaque ann?e pendant quarante ans de suite. Ces chiffres sont tr?s optimistes car la r?partition n?est pas viable ? moins de trois cotisants pour un retrait?. Aujourd?hui les cotisations repr?sentent 1/3 des prestations, ce qui est l??quilibre. Cet ?quilibre ne se situe pas ? deux cotisants pour un retrait? ; si aujourd?hui on vit ? 2/1, c?est sur des promesses dont on sait tr?s bien qu?elles ne seront pas tenues. Avec 26% de cotisations, 3 cotisants peuvent financer une retraite de 78% du dernier revenu. Avec 2/1 et 26% de cotisations, ? l??quilibre, la retraite ne peut en aucun cas ?tre sup?rieure ? 52%. A 1/1, la retraite se situe ? 26% du dernier revenu. Enfin doubler le nombre de cotisants double le nombre de futurs retrait?s et repousse le probl?me du financement de leur retraite... Le probl?me est sans fin et sans solution, les derniers seront quoi qu?il arrive les dindons de la farce. La croissance : c??tait l?objet du rapport Teulade, tendant ? faire croire qu?avec une croissance de 3,5%/an tous les rapports sur les retraites ?taient faux et sans valeur. Ind?pendamment du fait qu?on en est aujourd?hui ? 1,5%, il a ?t? fortement critiqu? tant par la gauche que par la droite. Aujourd?hui tous se chamaillent sur des chiffres allant de 1,5 ? 2,5% voire 3% de croissance annuelle. La question est : combien de croissance faut-il pour ?quilibrer la r?partition ? Pour pouvoir augmenter le financement des retraites sans prendre d?une main ce que l?on redonne de l?autre, il faut que la croissance apporte des exc?dents budg?taires, sinon on s?appauvrit au lieu de s?enrichir. Tout le monde sait que les pr?l?vements obligatoires sont de 45% du PIB. Un chiffre moins connu est celui des d?penses publiques (?tat, collectivit?s, entreprises publiques), qui est de 53%. Chaque ann?e on d?pense 8% de plus que ce qu?on produit. La diff?rence c?est le d?ficit, les emprunts de l?Etat, des collectivit?s, des entreprises publiques qui ne font que cro?tre. Tant que nous sommes en d?ficit nous nous appauvrissons sans le voir. Ces chiffres sont confirm?s par l?Etat en derni?re page de votre d?claration d?imp?t de l?an dernier : recettes de l?Etat : 285,5 milliards, d?penses de l?Etat : 316 milliards. Il manque 30,5 milliards soit 10%. La France est bient?t un pays pauvre. Ses richesses sont constitu?es de celles de l?Etat, des entreprises et des familles : - pour ce qui est de l?Etat, il n?a que des dettes, presque 1 000 milliards d?Euros. Il a vendu tous ses actifs depuis 20 ans pour assurer les d?penses de fonctionnement et ? part EDF et quelques participations dans des soci?t?s privatis?es, il ne reste plus rien. Pour ce qui est du patrimoine foncier, Bercy avan?ait en 1997 le chiffre de 75 milliards d?euros. - pour ce qui est des entreprises publiques, elles vendent ?galement leurs actifs pour assurer les d?penses de fonctionnement comme l?arm?e ou la poste qui n?est plus propri?taire que de 25% de ses bureaux. La Caisse Maladie a vendu la totalit? de son patrimoine immobilier depuis 1996 sans pour autant combler le d?ficit. La police a 30% de ses v?hicules hors d??tat, sans avoir les moyens de les renouveler ou de les entretenir. Etc. Une fois tous les actifs c?d?s, comment va-t-on combler le d?ficit et cacher ces d?penses sup?rieures aux recettes ? Le d?ficit r?el de la France est en partie masqu? par ces ventes, il est sup?rieur aux chiffres annonc?s. - pour ce qui est des entreprises priv?es, le virage a ?t? pris il y a 3 ans, avec plus de 50% de participation ?trang?re pour les soci?t?s du CAC 40. Il y a longtemps que Total ou la Soci?t? G?n?rale ne sont plus vraiment des soci?t?s fran?aises. Le probl?me s?accro?t d?ann?e en ann?e, aggrav? par les d?localisations, m?me les murs sont maintenant ? l??tranger (et le si?ge social pour Renault !). Pour les petites entreprises familiales, elles sont progressivement vendues ? des ?trangers pour ?viter le d?mant?lement ? la succession et permettre la survie. - pour ce qui est des familles, la consommation de produits ?trangers masque le fait qu?il y a longtemps que nous ne sommes plus assez riches pour acheter ce que nous produisons. Le made in France devient des produits de luxe achet?s par les ?trangers. Alors que depuis le d?but des temps c??tait les jeunes qui prenaient en charges les vieux, depuis 5 ans on constate que ce sont les retrait?s qui de plus en plus aident leurs enfants et petits enfants, qui ne peuvent plus vivre du fruit de leur travail et constituer de capital. Le patrimoine familial est consomm? au lieu de cro?tre. Il y a 30 ans un bas salaire d?ouvrier permettait de faire vivre une famille avec 2 enfants. Aujourd?hui avec le Smic, c?est impossible sans aides diverses. Quant au bas de laine des fran?ais, 1 000 milliards d?euros, il est investi en presque totalit? en obligations, dont 85% sont des ?missions d?Etat, pour financer la dette. Les ?conomies des fran?ais semblent investies dans un trou. Chaque foyer fran?ais a en moyenne pr?s de 50 000 euros d??pargne, et 50 000 euros de dette (en plus des dettes personnelles), car l?Etat rembourse avec les imp?ts et autres pr?l?vements. L?Etat, c?est nous, il n?a pas d?autre argent que celui que nous lui donnons ! Conclusion : une croissance de 1,5 - 2 - 3% ne r?glera aucun probl?me. En dessous de 8% de croissance annuelle nous continuons de nous appauvrir, ? 8% nous ?quilibrons nos comptes, et au del? nous pouvons mettre de c?t? pour les retraites. Il faut savoir que dans toutes les simulations des caisses de retraites, il est introduit une croissance de 1,7% du pouvoir d?achat, hors inflation. Cela peut para?tre peu, mais ce chiffre est consid?rable : 1,7% par an en int?r?ts cumul?s sur 40 ans, cela fait un doublement du pouvoir d?achat. En clair cela veut dire que si dans 40 ans nous sommes non pas deux fois plus riches qu?aujourd?hui, mais seulement aussi riches qu?aujourd?hui ce que nous souhaitons tous, il faut alors diviser tous les chiffres d?j? pessimistes par 2 ! L?introduction de cette croissance de 1,7% par an permet de comprendre pourquoi en divisant pas 2 le rapport actifs/inactifs, la cotisation n?augmente que de 57% (passage de 26 ? 41%) et ne double pas. Sans cet artifice, il y a doublement. Signalons enfin que les derniers chiffres montrent une augmentation du pouvoir d?achat des salari?s de 4% en 10 ans. Nous sommes tr?s loin du compte, car ? ce rythme, il n?y a pas quasi doublement en 40 ans, mais augmentation de 16%. Les pr?visions sont ? corriger d?autant, ce qui n?a pas ?t? fait. Capitalisation : Reste la capitalisation, ou la constitution de r?serves, dont le produit permettrait de combler le d?ficit de la r?partition. On peut tout d?abord se demander sur le plan honn?tet? intellectuelle comment on peut ? la fois vanter les m?rites du tout r?partition, la pr?tendre viable, critiquer et refuser la capitalisation, et en m?me temps proposer de capitaliser pour sauver la r?partition. Mettons de c?t? ce d?bat pour analyser la proposition du gouvernement de constituer un fonds de r?serve pour garantir les retraites. On nous promet un fonds de 1 000 milliards de francs pour 2020, soit 150 millions d?euros. La question, toujours la m?me, est la suivante : de combien doit ?tre ce fonds pour maintenir la retraite au niveau actuel ? Personne, aucun journaliste, aucun politique ne l?a pos?e, sans doute car la r?ponse est tr?s d?rangeante. Je l?ai fait calculer par un polytechnicien, ?narque et actuaire. De combien doit ?tre le fonds de r?serve en 2040 pour maintenir les retraites aux niveau d?aujourd?hui, sachant que le besoin en plus du financement actuel sera de 45 milliards d?euros en 2020, et de 105 en 2040. Pour avoir chaque ann?e 105 Mds en 2040, ? 3,5% hors inflation, il faut un capital de 3 500 milliards d?euros, et mettre 47 Mds de c?t? chaque ann?e pendant 40 ans. Pour ne pas toucher ce capital pendant sa constitution, il faut un deuxi?me fonds, de lissage, en mettant 35 Mds de c?t? chaque ann?e, permettant de constituer un petit capital qui sera ?puis? en 2040, permettant de combler les d?ficits interm?diaires. Il faut donc ?pargner 47 + 35 = 82 milliards d?euros chaque ann?e pendant 40 ans, soit 20 fois plus que ce qui est fait actuellement. Nous avons des d?ficits de plus de 60 Mds par an, il faut passer en exc?dents de 80 Mds, pour r?gler le probl?me sans tricher sur le plan comptable. Les hommes politiques ne sont pas dupes et le savent. Ainsi le S?nat a garanti ses propres retraites ? un niveau tr?s sup?rieur, repr?sentant ? l??chelle de la France (en divisant le capital par le nombre d?actifs, s?nateurs et employ?s du S?nat, et en multipliant le r?sultat par le nombre d?actifs en France) non pas 105 Mds mais 5 fois plus. Ces r?serves ne sont pas pour 2040, mais existent ce jour. A la caisse de retraite des m?decins nous faisons l?exp?rience en constituant des r?serves importantes, et nous le faisons dans des conditions id?ales impossibles ? r?aliser dans le r?gime g?n?ral : 1) nous sommes beaucoup pour cotiser et constituer des r?serves : 4 cotisants / 1 retrait? au lieu de 2/1 ; 2) nous avons augment? la cotisation de 50%, impossible dans le r?gime g?n?ral ; 3) nous baissons les retraites de 15 ? 20%, difficile politiquement. Malgr? ces bonnes conditions, nous commencerons ? utiliser nos r?serves vers 2020, et elles seront ?puis?es en 2040, ce qui veut dire que celui qui d?marre aujourd?hui sera oblig? de surcotiser toute sa carri?re, et quand il prendra sa retraite pour 20 ans, il y aura 1 cotisant pour 1 retrait? et 0 euro dans la caisse. M?me en faisant de gros efforts de capitalisation, en surcotisant de 50% avec un rapport d?mographique encore presque correct, la r?partition, en dessous de 3/1 n?est pas viable. Le probl?me est bien math?matique, non id?ologique. C??tait possible de constituer ces r?serves il y a 15-20 ans, avec moins d?efforts et plus de cotisants. Actuellement il est trop tard, et les politiques, tous inform?s depuis 20 ans ont une responsabilit? consid?rable. Si les hommes politiques fuient c?est sans doute parce qu?il n?y a pas de solution. A ce difficile probl?me se surajoute le probl?me des r?gimes sp?ciaux et de fonctionnaires qui va cr?er un conflit entre fran?ais avant le conflit de g?n?ration. Le r?soudre est tout aussi difficile voir impossible, les syndicats refusant toute concession. Le probl?me se r?sume aux deux tableaux suivants qui parlent d?eux-m?mes. SOLUTIONS PROPOS?ES Quelques Principes - Retour ? l??galit? entre citoyens afin d??viter un conflit s?v?re. Vu les efforts ? fournir, on ne peut demander ? une seule cat?gorie de financer ? la fois sa propre retraite et celle des autres. - Donner aux vrais responsables, de vraies responsabilit?s ce qui n?est pas le cas aujourd?hui. Red?finir ces responsabilit?s. - Diversifier les risques dans chaque r?gime. - Stopper la fuite en avant. Un des plus gros scandales d?aujourd?hui est de cacher la v?rit?. Il faut informer les citoyens de la situation ? venir, afin qu?ils s?organisent pour assurer le compl?ment et il faut leur fournir les outils pour le faire. En cachant la v?rit?, ils ne voient pas la n?cessit? de le faire ; en poursuivant la fuite en avant, on continuera de ponctionner sans espoir, leur ?tant toute capacit? d??pargner ? cot? pour permettre de palier aux al?as de la r?partition. - Ne pas aborder le probl?me de la retraite ? 60 ans de face : la retraite peut se prendre entre 60 et 65 ans. Plus on d?cide de partir t?t, moins on touche, mais plus longtemps. L?abattement doit ?tre calcul? ? co?t neutre pour les autres cotisants. La cotisation doit aussi ?tre ? la carte, avec possibilit? de cotiser 10 ou 20% de plus, par d?cision personnelle sans que cela co?te aux autres. Celui qui veut partir plus t?t avec la m?me retraite qu?? 65 ans et qui est pr?t ? payer pour doit avoir cette possibilit?, tout comme celui qui veut travailler plus longtemps pour toucher plus, tout comme celui qui veut travailler moins ou partir plus t?t, quitte ? toucher moins. Trois ?tages, trois niveaux de responsabilit?s. 1er ?tage : r?gime de base, sous la responsabilit? de l?Etat, de lui seul, sans intervention des partenaires sociaux. C?est un r?gime de base unique avec le principe suivant : ? revenu ?gal, cotisation ?gale, ? cotisation ?gale, retraite ?gale, que l?on soit salari?, fonctionnaire, ind?pendant ou profession lib?rale. La cotisation ne serait plus sur le travail, le financement ?tant public et bas? sur la solidarit?. C?est le r?le de la CSG, du RDS ou d?une TVA sur la consommation. Suppression de la cotisation du r?gime de base, all?geant la charge des entreprises, le salari? r?cup?rant sa cotisation pour payer l?autre mode de financement. On ne peut garantir toutes les retraites, on peut et on doit garantir ce r?gime de base, dont le r?le n?est pas de fournir 20-40-60% du dernier revenu, mais le minimum vital pour tous, quel que soit son revenu d?activit? ou sa dur?e de travail. On rentre dans le syst?me avec les droits actuels, chaque ann?e les retraites les plus hautes sont amput?es de 1%, les plus basses augment?es de 1%, jusqu?? ?galisation, en 15 ou 20 ans, sans heurts. 2?me ?tage : r?gime compl?mentaire, professionnel, de la responsabilit? des partenaires sociaux. Nous avons tous des professions diff?rentes, des revenus diff?rents, des modes de raisonnement diff?rents. Il faut donc des caisses professionnelles, g?r?es par les partenaires sociaux, ?lus par les affili?s. Il faut ?tablir des r?gles de transparence, avec publication des pr?visions ?tablies avec les m?mes r?gles et contr?ler ces publications. C?est le seul r?le de l?Etat, les caisses ?tant par ailleurs autonomes. R?partition ? Capitalisation ? Laisser les int?ress?s, les professions, d?cid?s eux m?mes. Pour plus de clart?, rendre la totalit? des cotisations aux salari?s qui versent et g?rent leur cotisations sans intervention de l?employeur. 3?me ?tage : r?gime par capitalisation, relevant de la responsabilit? individuelle, sans intervention de l?Etat ni des partenaires sociaux. ?tant une "cotisation retraite", il faut une d?ductibilit? des cotisations. Contrairement ? ce qui se fait aujourd?hui, privil?giant les seuls contribuables, il faut un syst?me de cr?dit d?imp?t pour que les bas revenus ne soient pas l?s?s. Combien peut-on d?duire ? Autant que l?on met dans le syst?me de base collectif et bas? sur la solidarit?. Si je cotise 10 000 euros dans le RB, je peux d?duire 10 000 euros. Ainsi ceux qui se d?brouillent pour ne rien payer n?ont aucun droit. C?est en quelque sorte la Pr?fon pour tous : fonctionnaires, non fonctionnaires, hauts et bas revenus. On doit pouvoir investir dans de v?ritables fonds de pension, qui ne sont pas des SICAV actions g?r?es par des requins de banquiers ou d?assureurs comme on tente de nous le faire croire en France. Ils doivent ?tre g?r?s comme des caisses de retraite, les fonds sont mutualis?s, g?r?s par les affili?s, avec des fourchettes impos?es pour les types de placements : obligations, actions, immobilier, afin de diversifier les risques. Cet article ne vous laisse pas insensible ? D'autant qu'il est ?crit par un responsable de caisse de retraite ? Et qui plus est d'une caisse saine qui n'est pas encore en faillite ou proche de l'?tre ? Une seule recommandation : lisez son livre, vite !


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